Jiannong Qian l’un des dirigeants de Fosun Group entré au capital d'un fleuron des entreprises hexagonales, le Club Méditerranée, était l'invité de la récente conférence de l'AFIC (Association Française des Investisseurs en Capital).
Ses explications étaient symboliques des choix politiques de son pays. Les chinois ne veulent plus être l’usine du monde mais favoriser la consommation dans leur pays. Et c’est tant mieux pour les entreprises françaises.
Fosun crée il y a 19 ans par 3 copains de fac investit dans les mines, l’acier, l’industrie pharmaceutique... Tout ce qui va favoriser cette nouvelle consommation intérieure. Mais quels sont leurs critères de choix ?
Le président de Fosun déclarait l’année dernière au Figaro : « La France a une longue histoire, une culture brillante, des sociétés de classe internationale, de la haute technologie et des marques connues dans le monde entier ». En résumé les chinois, qui sont d’abord pragmatiques, vont choisir nos fleurons hexagonaux. Car ils se souviennent de la reconnaissance de la Chine populaire par le Général de Gaulle dès 1964. Ils se souviennent aussi que Zou Enlai et Deng Xiaoping avaient fait une partie de leurs études en France dans les années 20. Les auteurs français n’avaient pas de secrets pour eux.
Pour autant la confiance dans les managers n’est jamais acquise
Les chinois peuvent donc être sensibles à nos atouts, pour autant la confiance dans nos managers n’est jamais acquise. Un manager présent sur leur territoire doit gagner leur estime. Un dirigeant d’entreprise étrangère, même s’il prend le temps de présenter son successeur à ses confrères ou clients chinois, sait que ce dernier devra séduire à son tour.
Le manager devra également s’adapter à une culture du résultat rapide, à des changements stratégiques liés aux opportunités. Les mythiques réunions du Parti communiste qui prévoient des planifications à 20 ans ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt des millions d’entrepreneurs individuels qui voguent au gré des modes et abandonnent vite un business lent à démarrer.
Un bon leader est celui qui joue un rôle de "père de l’entreprise"
En Chine, un bon leader est celui qui joue un rôle de « père de l’entreprise » comme un chef de famille, il est toujours censé avoir raison. Il doit en même temps être juste et la prise de décision finale doit être orientée de façon consensuelle avec les employés. Il doit savoir «donner de la face» en félicitant en public les employés méritants, et a contrario blâmer en privé ceux qui ont fauté.
Le manager occidental ne pourra travailler en Chine avec des collaborateurs locaux que s’il est considéré comme apportant une valeur ajoutée clairement identifiée à l’entreprise, celle-ci justifiant sa présence et sa position de chef.
Les chinois s’appuient énormément sur les réseaux internes
Les Chinois ayant une conception du travail différente de la nôtre, ils sont effectivement peu habitués à développer des idées ou à prendre des initiatives. Ils sont plus opportunistes qu’enclins à définir des priorités. Même s’ils sont globalement plus rapides que les occidentaux dans la mise en œuvre des projets du fait de leur nombre, ils n’ont qu’une vague notion de l’urgence, et on du mal à se mettre à la place du client. Certaines sociétés occidentales ont d’ailleurs développé un business florissant de formation des vendeurs chinois.
Enfin ils s’appuient énormément sur les réseaux internes pour avancer, plus que sur les standards et les procédures écrites.
Il y a un avenir pour les managers de transition en Chine car les besoins et les enjeux managériaux sont considérables. Toutefois la connaissance et le respect des codes étant nettement plus important pour réussir qu’en occident, les managers de transition internationaux auront du mal à pénétrer dans les entreprises chinoises et ce sont les sociétés étrangères qui les utiliseront majoritairement dans un premier temps.
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